Thèmes abordés


Au niveau de la phytotechnie, la protection contre les adventices subit une profonde mutation. Après l’interdiction d’utilisation de l’atrazine ( 2005), son substitut la terbuthylazine a pris place dans les traitements de postémergence à des doses fortement limitées et uniquement en association. On voit apparaître de nouvelles matières actives avec un profil écotoxicologique généralement plus favorable. Judicieusement utilisées, elles permettent de réduire d’année en année les doses utilisées et de se limiter à un ou plus rarement deux traitements. Ce retrait de l’atrazine utilisée depuis plus de 40 ans sur pratiquement toutes les parcelles de maïs a bouleversé les stratégies de lutte et il est de plus en plus difficile d’appliquer des traitements « passe-partout » dans une région donnée. La réussite du désherbage est également plus tributaire de l’humidité du sol que par le passé vu la moindre solubilité de la terbuthylazine.

Plusieurs nouveautés ont été testées en 2006 et devront être retestées dans les années à venir Des traitements en 2 passages à (très) basses doses pourraient être envisagés mais ils nécessitent des préparations de sol plus affinées que ce qui se fait couramment pour le maïs.

Contre les insectes, un suivi des prédateurs habituels, d’autres plus occasionnels et le réseau d’avertissement « pucerons » permettent de maintenir le pourcentage de parcelles traitées proche des 5 %. Pour celles-ci, il reste toutefois essentiel de rechercher des solutions efficaces tout en rassurant les autres agriculteurs sur le bien-fondé du non traitement. Les microgranulés à base de carbofuran, de carbosulfan, ainsi que les traitements de sol avec fipronil seront interdits à partir de 2009.

L’attention doit également être portée sur la chrysomèle des racines de maïs qui a fait son apparition en Belgique en 2003. Un réseau de piégeage a été mis en place de 2003 à 2006 et les mesures prises (obligation de rotation, traitements dans les zones focus…) ont été couronnées de succès puisque aucune chrysomèle n’a plus été capturée en 2005 et 2006. Toutefois, les captures dans des régions voisines (Maastricht aux Pays-Bas, Oise) doivent nous inciter à rester vigilants et à poursuivre les efforts d’informations. Le Centre pilote a apporté son expertise pour la conception du plan d’urgence 2006.

Le problème de mortalité d’abeilles reste d’actualité même si le rôle de la protection des grandes cultures (maïs notamment) est relativisé par les travaux menés actuellement par le professeur Haubruge et ses collaborateurs. Vu l’état des connaissances actuelles, des alternatives de traitement doivent être recherchées.

Dans le cadre de ces activités, nous suivons également attentivement les évolutions au niveau des retraits , limitations d’agréations, ou de nouvelles agréations en Belgique afin de mettre à jour régulièrement nos protocoles d’essais et recommandations.